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Réflexion de fond sur la nécessité de relocaliser certaines activités industrielles

Inclusive Tour 1

 

Dans le cadre du passage à Nantes de l’ « Inclusive Tour » et alors qu’une réflexion s’engage sur la nécessité de relocaliser certaines activités industrielles, Jean-Marc Richard est intervenu : il a remis notamment en perspective les paradigmes sur la compétitivité et la finalité de l’industrie. L’industrie est créatrice de richesses et le travail générateur de sens pour l’humain. Une interview de M.-C. Joubeaud décapante dans la période actuelle où chacun se cherche.

 
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En quoi la Fondation AMIPI est-elle différente des autres structures qui s’occupent de l’inclusion des personnes en situation de handicap ? Qu’est-ce qui caractérise votre fondation ?

 

Jean-Marc Richard : L’AMIPI est depuis 2005 une Fondation reconnue d’utilité publique et à ce titre elle remplit une mission d’intérêt général identifiée comme telle parce qu’elle repose sur une expertise scientifique qui consiste à employer et former des personnes en situation de handicap cognitif dans une activité très précise – le câblage électrique – dans nos usines. Et cela avec une méthode très spécifique – dualité et fluidité – dont la finalité est de produire des produits de qualité tout en développant les capacités cognitives des personnes concernées afin qu’elles puissent s’insérer dans des entreprises « classiques ». D’où le nom d’Upai® que nous avons donné aux usines de la Fondation : Usines de production, apprenantes et inclusives.

En outre, l’AMIPI est un acteur économique à part entière. Les opérateurs qui travaillent dans ses usines sont salariés avec des contrats de travail à durée indéterminée, des rémunérations supérieures au SMIC, certains sont représentants syndicaux et nous nous devons d’être rentables afin d’investir et ainsi fournir des produits de qualité à nos clients très exigeants et pouvoir continuer à former et à employer nos opérateurs.

 

Comment opérez-vous ? Pourquoi le câblage électrique ? Ne pourrait-il pas y avoir d’autres activités ?

 

Jean-Marc Richard : Des recherches scientifiques très poussées sous l’instigation du fondateur de l’AMIPI, Maurice Vendre, ont montré que cette activité stimulait la plasticité du cerveau si on la décompose en succession d’apprentissages pour chaque opérateur lors d’un processus personnalisé que chacun s’approprie. Le cerveau a la capacité de créer de nouvelles connections synaptiques si on le stimule par ces apprentissages qui utilisent tous les sens, en particulier le sens kinesthésique, qui développent l’autonomie. Mais nous avons testé ces méthodes sur d’autres activités comme le textile, via la fabrication des masques du programme RESILIENCE : là aussi les résultats sont probants bien que très récents.

L’intuition géniale de Maurice Vendre, convaincu que le destin des personnes en situation de handicap n’était pas inscrit dans un déterminisme irrémédiable qui consiste à les isoler dans leur handicap, mais bien de leur permettre d’évoluer, de progresser, de s’émanciper grâce au travail organisé autour d’apprentissages évolutifs, trouve sa confirmation avec les travaux du psychiatre Jean-Michel Oughourlian qui s’est immergé six mois dans les usines de l’AMIPI. Célèbre pour ses travaux sur les neurones miroir, il a vérifié concrètement auprès de 300 de nos opérateurs de l’AMIPI le bien-fondé de sa thèse : l’apprentissage par le mimétisme grâce aux neurones miroir. Les neurones miroir tiennent un rôle fondamental dans tout apprentissage qui est le fruit de l’imitation, de l’interdividualité, d’un va-et-vient perpétuel entre les cerveaux qui se branchent les uns aux autres et fonctionnent en mode « wifi ».

Ce travail offre de nombreuses perspectives et nous créons des modules de savoir-faire dont des modules managériaux qui se diffusent via des institutions comme l’AGEFIPH avec laquelle nous avons un partenariat de 5 ans. Il a relaté sa démarche et son expérience au sein des usines de l’AMIPI dans un livre publié chez Plon avec un titre qui résume toute la philosophie et la raison d’être de l’AMIPI : « Le travail qui guérit l’individu, l’entreprise, la société ». L’individu parce qu’il ne se définit plus par son handicap, l’entreprise parce qu’elle prend tout son sens avec une finalité – l’inclusion et l’émancipation – qui dépasse le seul profit et la société parce que le travail sera toujours, pour toutes sortes de raisons, préférable au non-travail et parce que le non-travail coûte plus cher à la société : un chômeur ou un inactif coûte à l’Etat en moyenne de 20 000 € à 30 000 € par an. Sans oublier les répercussions sur le plan médical et sociétal qu’entraîne l’inactivité, jamais très éloignée de la désocialisation avec ses conséquences difficilement maîtrisables.

 

Vos caractéristiques et votre méthode vous ont-elles aidé à traverser la crise sanitaire du printemps ?

 

Jean-Marc Richard : La crise sanitaire a été un test grandeur nature qui a montré le bien-fondé et la pertinence de notre démarche fondée sur l’expérimentation scientifique. Les collaborateurs de l’AMIPI ont su s’adapter à de nouvelles pratiques à toute allure mais aussi à de nouvelles activités, comme la fabrication de masques. Cette situation a montré la pertinence de notre méthode puisque trois semaines avant la fin du confinement, et alors que toutes les usines de nos clients étaient fermées, nous avons pu non seulement redémarrer notre activité mais, en dépit des incertitudes, anticiper en reconstituant les stocks afin de faire face aux éventuelles accélérations de la demande.

Un troisième savoir-faire collectif privilégié par la Fondation a également joué un rôle très positif, c’est le dialogue social. Les opérateurs de la Fondation sont représentés par des délégués syndicaux très bien implantés chez nous et très écoutés aussi. Chaque semaine nous nous retrouvions pour examiner Upai® par Upai® tous les protocoles, et cela de manière contradictoire. Moi-même, en tant que président, j’assistais à un Codir quotidien pour vérifier la cohérence de nos actions dans la perspective d’une sortie de crise qu’il était indispensable d’anticiper si nous voulions survivre.

Aujourd’hui nous commençons à voir une sortie raisonnable mais il faut que nos partenaires s’organisent en prenant compte de nos spécificités comme nous prenons les leurs en compte. Pour être agiles et réactives nos entreprises ont besoin de savoir où elles vont, de connaître dans la mesure du possible « les ports d’arrivée ».

 

Pensez-vous que ce modèle qui a fait ses preuves peut être dupliqué auprès d’autres publics, comme les décrocheurs par exemple ? Avec qui ?

 

Jean-Marc Richard : Non seulement il le peut mais il le doit. C’est la condition d’une société équilibrée et harmonieuse. Personne ne doit être laissé sur le bord de la route. L’alinéa 5 du préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 affirme d’ailleurs que « chacun a le devoir de travailler et le droit d’obtenir un emploi ». Le travail « guérit », en tous cas soigne avec certitude. Comme l’a constaté le professeur Oughourlian dans les usines de la Fondation, « l’usine réussit là où la psychiatrie a échoué. A l’hôpital, beaucoup parmi ces opérateurs seraient des légumes. Là, ils progressent ». Le travail, ce n’est pas qu’un salaire, une activité, c’est un facteur de sociabilisation, ce sont des collègues, la possibilité d’échanger, d’évoluer. Et pour nous, chercheurs expérimentaux, c’est l’unique façon de développer l’intelligence de l’individu mais aussi du collectif. C’est là en final l’apport majeur d’une fondation reconnue d’utilité publique comme la nôtre qui est unique dans le sens où elle permet des travaux de recherches dans des collaborations avec des scientifiques de renommée mondiale.

Mais ceux qui permettront l’extension du modèle sont forcément des entrepreneurs de l’engagement sociétal qui perçoivent l’entreprise dans ses missions globales et qui privilégient peut-être davantage la RSE (responsabilité sociétale et environnementale) que le profit, si nécessaire pourtant pour les investissements d’avenir. Ces entrepreneurs peuvent provenir de partout, il y en a chez les fonctionnaires, les syndicalistes, et bien entendu des entreprises, des universités….

 

Quels genres de collaborations scientifiques ?

 

Un exemple : nos équipes travaillent sur les systèmes de mémoire appliqués avec le professeur Pamela Benta, spécialiste des différentes mémoires. Autre exemple : nous travaillons également avec Pascale Toscani, docteur en neurosciences avec laquelle nous avons créé un programme en collaboration avec 17 de nos encadrants. En étroite coopération avec elle, nous avons mis au point après 2 années de recherche un programme « Apprendre tout au long de la vie » qui aide l’opérateur à prendre conscience de son parcours d’évolution personnelle. Dans cette perspective, nous lui proposons un parcours d’accompagnement qui lui permettra une évaluation multiple (autoévaluation, en co-évaluation, évaluation sur le terrain…) axé sur la réalisation d’un projet de vie professionnelle à partir de trois critères : la valorisation de son parcours cognitif, la valorisation de son parcours de compétences - savoir-être, savoir-faire, savoirs - sous la forme de carnet de route et la valorisation du concept d’apprentissage tout au long de la vie. Comme vous le voyez, notre démarche est holistique en ce sens qu’elle prend en compte la personne dans sa totalité. Il s’agit de réconcilier l’individu avec lui-même en lui permettant de s’approprier sa personne, son devenir et son avenir, en un mot de se responsabiliser.

Cette démarche par définition s’adresse à tout le monde puisque la personne concernée n’est plus considérée sous un seul aspect, que ce soit sa déficience, telle caractéristique de sa personnalité, sa capacité ou non de travailler, de se sociabiliser etc. Les résultats de la Fondation témoignent de la pertinence de notre approche : embauche de 576 personnes depuis 2015, insertion de 128 opérateurs en entreprises dites « classiques » et 36 millions d’euros de non-dépense publique. Tous ces éléments expliquent pourquoi l’AMIPI a été citée en juillet 2020 comme « exemple inspirant » dans le Pack Rebond du gouvernement.

 

La crise sanitaire a mis cruellement en lumière la désindustrialisation de notre pays, de nos territoires. Le gouvernement, qui en a pris acte, entend relocaliser les activités industrielles, mais des voix s’élèvent en indiquant que seules les activités à haute valeur ajoutée (logiciel, bio Tech…) seraient concernées : les activités à faible valeur ajoutée semblent oubliées. Qu’en pensez-vous ?

 

Ce genre de propos, s’ils se confirmaient, sont difficilement compréhensibles à ce moment précis de notre histoire où la dépense publique financée par la dette auprès des futures générations permet de repenser le politique, l’économique, le social, en y associant les avancées scientifiques et en particulier celles des neurosciences. Cette position ne peut s’expliquer que par la non-reconnaissance de « l’expérience de terrain » face à la pensée théorique, l’inverse de la dialectique que nous pratiquons.

Nos collègues et chercheurs allemands nous expliquent que l’apprentissage, l’innovation, le dialogue social et bien sûr les volumes d’activités sont au cœur du cœur de la stratégie collective. La société allemande conserve des activités qui en France ont été supprimées. C’est très subtil à observer, il faut aller dans le Mittelstand bavarois par exemple à la rencontre des usines et population pour le constater. Les allemands ont reconstitué une industrie de faisceaux dits stratégiques sur leur territoire élargi (RHIN et DANUBE) qui représente 30% de leur supply, pour des raisons de sécurité de leurs approvisionnements mais aussi d’intégration dans leur processus industriel complet. En France ce ne sont plus que 2% des activités de faisceaux qui y sont produites, ce qui est extrêmement dangereux, cela même si on considère que ces activités sont à faible valeur ajoutée puisque réalisée manuellement.

Avec la ministre de l’Industrie Agnès Pannier Runacher, Thibaut Guilluy et des industriels via la PFA, nous étudions la possibilité de rapatrier 5% de cette activité afin de conserver une maîtrise du métier et pouvoir rapidement organiser un supply jusqu’à 30%. Encore une fois il ne s’agit pas d’aller contre le commerce international mais de le réguler autour de notions d’ « empreinte carbone », de « développement des personnes » mais aussi de vérifier que la compétitivité des uns ne se fait pas sur le dos de la collectivité en différé. Allons-nous réussir ? Certainement pas avec des avis si tranchés que celui que vous avez cité.

Ce qui compte en final pour nous, chercheurs, c’est la véritable et globale intentionnalité. C’est cette intentionnalité qui permet seule de mobiliser le plus grand nombre dans un projet de société, et non pas de mettre des populations dans un sentiment d’abandon.

Par ailleurs, sur le plan éthique, une telle position revient à instaurer une hiérarchie dans la valeur des personnes humaines qui se réduirait à leur seule valeur marchande : il y aurait celles qui ont une valeur marchande et celles qui n’en ont pas, circulez, il n’y a rien à voir. C’est pour le moins consternant d’un simple point de vue anthropologique sans parler de morale publique. C’est une approche pour le moins discriminante, c’est rejeter une partie de nos concitoyens dont les personnes avec handicap, et ignorer l’intelligence de la main et l’apport de l’Homo Faber à la civilisation et à la société, c’est mépriser le travail manuel et ne pas valoriser tous les apports que ces personnes porteuses de handicaps peuvent nous transmettre. Bref, c’est réitérer la grande erreur historique de ceux qui auraient dû nous préparer dans les années 1980 aux chocs prévisibles à venir dont celui de la mondialisation.

Encore une fois les Allemands ont collectivement agi grâce au dialogue social souvent tripartite (administrateurs, directions, salariés-syndicats) et ont défendu leurs entreprises. Le cas de Volkswagen est explicite. Ils ont ainsi pu conserver des volumes d’activité et des marges de manœuvres en conservant et modernisant des activités plutôt que de les détruire. On ne peut développer une société si on s’intéresse à seulement de 10% à 60% de la population pour ce qui concerne le travail. Les effets boomerang sont dévastateurs, et les coûts du non-travail abyssaux. Voilà pourquoi faut-il aborder la question de manière globale et ne pas imposer le diktat de la division internationale du travail ou de la théorie des avantages compétitifs à toute la société, de manière systématique.

Et c’est encore une fois oublier le rôle essentiel du travail, le seul moyen d’acquérir une autonomie financière bien sûr, mais aussi sociale, affective. Sachant que l’inactivité est une source de dépense pour la collectivité mais aussi de violence sociale susceptible de générer toutes les dérives et des dérives incontrôlables. Je voudrais rendre hommage à ce moment précis à un homme qui a beaucoup soutenu la Fondation à des moments déterminants : Antoine Rufenacht était à la fois un grand industriel et un vrai politique qui allait au contact et comprenait les attentes des populations. Mes échanges avec lui ont été très « apprenants ». Il aimait la Fondation comme tant d’autres. D’ailleurs la Fondation de part ses statuts appartient à la nation et à ceux, comme lui, qui lui permettent de réussir ses missions. Donc changeons certains paradigmes sans faire de déni de la réalité à un moment où de formidables puissances organisent la société de demain autour de l’intelligence artificielle, la robotisation et la délocalisation à outrance. Notre combat est donc politique au sens humaniste du terme.

 

Vous travaillez pour l’industrie automobile soumise à une rude concurrence mondiale. Quel intérêt a-t-elle à vous confier son câblage électrique qu’elle pourrait délocaliser dans des pays à moindres coûts ? Quelle réforme préconisez-vous dans le secteur d’activité qui est le vôtre ?

 

Jean-Marc Richard : Je tiens tout d’abord à rendre hommage et à remercier nos donneurs d’ordre PSA, RENAULT, FAURECIA, PLASTIC OMNIUM, FLEX AND GATE… et surtout chaque décideur. Ensemble ils n’ont pas cédé à cette facilité pour ce qui nous concerne. Mais je les ai trouvés surtout bien seuls à assumer des décisions de maintien de cette activité. Dans les décideurs, il y a aussi des syndicalistes CFDT, UIMM, FO métaux, CFTC, CGT qui se reconnaîtront. Ils sont montés au créneau et croient de plus en plus que nous sommes un exemple de gouvernance industrielle à promouvoir. Ces hommes et très souvent ces femmes (souvent éducatrices dans leur famille) incarnent la démarche RSE en lui donnant tout son sens, c’est une fierté pour notre pays d’avoir de telles entreprises et des personnes qui s’engagent pour le bien commun avec une politique d’achats responsables.

Mais cette politique d’achats responsables, qui a un coût non négligeable pour les entreprises soumises à une concurrence mondiale impitoyable, ne doit pas concerner les seules entreprises, la RSE nous concerne tous. En tant que consommateurs d’abord, nous devons accepter de payer plus cher les produits fabriqués en France quand ils sont labellisés RSE et non pas quand ils sont juste produits en France. C’est là où les Upai® ont un réel avenir. Si un industriel annonce qu’il fabrique « des produits et des hommes » alors vous verrez que le consommateur s’intéressera davantage à ses produits. Par ailleurs, l’acte d’achat devient un acte clé du politique puisque c’est lui qui permet ou non de financer l’emploi les retraites, l’éducation, la santé… !!! Donc la VRAIE RSE et le VRAI DIALOGUE SOCIAL ont de VRAIS DEVENIR.

Mais il est de la responsabilité des pouvoirs publics d’orchestrer cette compétitivité responsable face à la mondialisation : nous attendons du gouvernement qu’il modifie la loi sur l’obligation d’emploi des personnes en situation de handicap dans la proportion de 6% de l’effectif total, quand cela concerne bien entendu des produits en compétitivité avec les pays dits à bas coûts. Si les entreprises qui ne remplissent pas cette obligation sont financièrement pénalisées, on voit mal pourquoi celles qui la dépassent, comme PSA, RENAULT notamment, ne bénéficieraient pas d’un bonus à proportion de leur effort, à la condition que l’insertion de personnes fragiles dans les entreprises classiques finance indirectement ce surcoût. La cohérence de notre société, un vrai défi à relever, en dépend. La RSE, c’est l’affaire de tous et c’est la condition pour avoir une société équilibrée et harmonieuse. Sachant enfin que produire sur le territoire national, c’est, compte tenu de la proximité géographique des donneurs d’ordre et des sous-traitants, réduire l’empreinte carbone et revitaliser nos territoires. C’est aussi la garantie d’avoir des produits qui répondent aux normes sociales et environnementales élevées dans notre pays ainsi que des produits de très grande qualité : c’est la marque de fabrique des Upai® de la Fondation AMIPI, cela grâce au travail minutieux des opérateurs mais aussi à un management très spécifique, organisé autour de la notion de « modèle apprenant » issu de la métapsychologie mimétique du professeur Oughourlian.

 

Propos recueillis par Marie-Christine Joubeaud,

Conseiller du Président, Fondation AMIPI – Bernard VENDRE

mcjoubeaud@gmail.com